comment le terroriste a cherché d’autres cibles sur les réseaux sociaux, avant Samuel Paty


A trois reprises avant l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Abdouallakh Abouzezidovtch Anzorov, le terroriste, a cherché à se procurer les adresses de personnes ayant, selon lui, insulté l’islam ou les musulmans sur les réseaux sociaux. Des polémiques de collégiens et de lycéens, comme il en existe tous les jours sur ces plateformes, qui aboutissent au lynchage d’une personne par des milliers de comptes, mais qui, dans le cas du djihadiste d’Evreux, âgé de 18 ans, auraient pu lui fournir la cible qu’il cherchait.

Le Monde a exhumé trois séries de messages, entre le 25 septembre et le 5 octobre, et reconstitué en partie les échanges du terroriste avec des profils de jeunes hommes, souvent d’origine tchétchène, et partageant en tout point sa vision extrémiste de l’islam.

Le premier de ces échanges remonte au 25 septembre, le jour de l’attaque qui s’est déroulée rue Nicolas-Appert, à Paris, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, et qui a fait deux blessés graves. L’assaillant, un Pakistanais de 25 ans, avait justifié son acte par la republication des caricatures de Mahomet par le journal satirique.

Sur son compte Twitter, son réseau social de prédilection, Abdouallakh Anzorov ne mentionne pas cette attaque. A vrai dire, lui qui est d’ordinaire si prolixe sur tout ce qui touche à l’islam, se montre très prudent dès que ses amis abordent ces thématiques, même s’il ne cache pas vraiment son soutien aux talibans, aux djihadistes du Mali ou à l’organisation Etat islamique (EI).

« C’est quoi son Twitter ? Il habite où ? »

Ce jour-là, Abdouallakh Anzorov est surtout préoccupé par deux choses : la mort d’un homme d’origine tchétchène qu’il connaît à Evreux, abattu à la terrasse d’un café, sur laquelle il s’épanche ; et une séquence parodique qui fait le tour des réseaux sociaux.

En fin de matinée, la vidéo d’un jeune homme en train de faire une fausse prière musulmane, dans laquelle il remplace les paroles par celles d’une chanson du rappeur Jul, a été publiée. Sur Telegram, le compte « Cpasdeslol », extrêmement suivi, a partagé la publication. Elle est vue plus de 70 000 fois. Elle est très relayée sur Twitter, essentiellement par des personnes qui se présentent comme musulmanes et qui s’estiment offensées dans leur foi. Un jeune homme en région parisienne, qui apporte régulièrement son soutien à BarakaCity ou au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la partage sur son compte Twitter, assortie de ce commentaire : « Cet individu ce moque ouvertement de l’Islam, mais je vous tease d’avance il va être soutenu par les politiciens, TPMP [Touche pas à mon poste], les extrémistes, donc par pitié ne l’harcelez pas. Et qu’Allah le guide car c’est trop grave la… »

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