Comment donner du sens à ses placements


Combien souhaitez-vous gagner ? Combien êtes-vous prêt à perdre ou immobiliser ? Telles sont les deux interrogations qui s’imposent classiquement à l’épargnant. C’est le fameux couple risque/rentabilité. De plus en plus, toutefois, ce vieux duo se meut en ménage à trois, avec l’ajout de la question : à quoi l’argent placé va-t-il servir ?

L’attrait croissant de nombre d’investisseurs, institutionnels et particuliers, pour des placements « responsables », répondant à des ambitions extrafinancières, par exemple sociales ou environnementales, en plus des objectifs financiers, « est en effet en passe de nous faire glisser d’une finance en deux dimensions à une finance en 3D », résume l’économiste Mickaël Mangot, qui enseigne la finance responsable à l’Essec. Le processus est déjà bien engagé. « Il ne s’agit pas d’une mode, d’une tendance, mais bien d’un nouveau paradigme, basé sur les trois R, risque-rentabilité-responsabilité », insiste-t-il.

L’offre s’est en effet considérablement développée, et les particuliers aspirant à donner du sens à leur épargne se verront proposer foison de produits financiers promettant de matérialiser leur quête de responsabilité. « Toutes les banques ont désormais une gamme d’investissement responsable, ce n’est plus un élément différentiant », note Daniel Haguet, professeur de finance à l’Edhec.

La crise sanitaire comme accélérateur

« Chez Neuflize OBC, nous franchissons une nouvelle étape en donnant, à partir de maintenant, la priorité à l’investissement socialement responsable (ISR) dans nos échanges avec nos clients : nos mandats ISR seront proposés en premier lieu », indique par exemple Valérie Spies, directrice de la clientèle de la banque privée. Les deux tiers des mandats de gestion de l’établissement relèvent désormais de l’ISR et il vise, d’ici à 2025, les 50 milliards d’euros d’actifs positionnés en épargne responsable, contre environ 20 milliards aujourd’hui (10 % des encours du groupe).

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Des gestionnaires des fonds à leurs commercialisateurs, plus une semaine, voire un jour, ne se passe sans qu’un acteur de l’industrie financière ne communique sur le sujet. Les initiatives se sont multipliées avec la nouvelle donne sanitaire et économique. « Dans ce contexte s’est confirmée une aspiration forte à changer le monde. Si cette crise est intervenue alors que le marché de l’investissement responsable présentait déjà une certaine maturité, elle joue un rôle d’accélérateur », estime Mme Spies.

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