comédie d’apprentissage pour quadra irresponsable


Eric Judor et Louise Labeque dans « Roulez jeunesse », de Julien Guetta.

CINÉ+ ÉMOTION – JEUDI 1ER OCTOBRE À 20 H 50 – FILM

Dans le premier long-métrage de Julien Guetta, scénario brindezingue et acteur paranormal en la personne d’Eric Judor s’allient à merveille. Ce dernier – dont la présence comique dans le cinéma français comme acteur et comme réalisateur est des plus précieuses – incarne ici Alex, un grand garçon célibataire de quarante-trois ans. Il travaille dans sa superbe tenue jaune canari comme dépanneur automobile dans l’entreprise dirigée par sa mère (Brigitte Roüan), qui le couve comme un adolescent et désespère de lui.

Tout commence au bord d’une route, alors qu’Alex, à la fin de sa journée de travail, est arraisonné par une conductrice en panne, possiblement sous substance, qui entreprend à son endroit une intense campagne de séduction pour qu’il la dépanne. De fil en aiguille, Alex se retrouve à passer la nuit en sa compagnie, mais au matin, la belle a disparu et Alex se retrouve avec trois enfants sur les bras, dont il n’est pas assuré que la jolie fille soit la mère, et dont surtout personne, ni police ni hôpital, en dépit des protestations d’Alex, ne veut le dispenser d’assumer la charge.

Enfant unique sans vergogne

Cet enclenchement absurde inaugure, avec la logique de fer qui caractérise cette catégorie de l’esprit, une série d’événements plus improbables les uns que les autres. Tenu par l’impossibilité morale d’abandonner les enfants à leur sort (un bébé qui braille, un garçonnet trash nommé Kurt et une adolescente hors de ­contrôle), Alex part en quête de leur mère avec l’aide d’une assistante sociale (Laure Calamy), qui se trouve être une ex-amante jadis larguée sans élégance.

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Une bonne partie de la tâche dévolue au héros de ce film, et dans laquelle l’acteur Eric Judor est passé maître, consiste donc à gérer la catastrophe. Enfant unique et sans vergogne à l’égard de sa mère, qui voudrait le voir reprendre l’entreprise familiale en difficulté, Alex développe par ailleurs à l’égard des enfants que le destin lui a collés sur les bras un sentiment de ­responsabilité.

Une sorte de récit de formation transfiguré se dévoile ainsi à travers le personnage d’Alex, qui l’amène à soupeser les avantages et les inconvénients d’une mère surprotectrice comme la sienne et d’une mère comme celle des enfants qu’il a recueillis. A cette aune, le film lui-même évolue insensiblement entre la logique surréelle qui le propulse et le virage à la fois moral et sentimental qui l’apaise et le clôt.

Roulez jeunesse, de Julien Guetta. Avec Eric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan, Ilan Debrabant (Fr., 2018, 84 min).

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