Buenos Aires, petite reine du vélo


L’avenue du 9-Juillet à Buenos Aires.

Traverser l’avenida 9 de Julio, qualifiée d’avenue la plus large du monde, n’est pas une expérience qui laisse indemne. Voitures, bus, motos et emblématiques taxis jaune et noir s’y engouffrent en un flot quasi ininterrompu. Les cyclistes et piétons n’y ont habituellement pas la priorité.

La pandémie due au coronavirus a changé la donne : depuis fin août, de nouvelles voies flambant neuves, vert vif, sont apparues, permettant aux vélos de s’élancer sur les avenues Cordoba et Corrientes, deux grandes avenues qui coupent à la perpendiculaire la 9 de Julio et parcourent la capitale d’est en ouest sur près de 8 kilomètres chacune. « C’était une demande de longue date des cyclistes », souligne Irene Fernandez, présidente de l’Association des cyclistes urbains (ACU), qui se réjouit de cette mesure, d’autant qu’elle s’accompagne d’une réduction de vitesse pour les automobilistes sur les avenues.

Lire aussi Le « Forum Wellbeing Cities 2020 » : trois jours, du 15 au 17 septembre, pour penser la ville d’après

Les 17,5 nouveaux kilomètres de pistes cyclables devraient être terminés fin septembre, et viendront s’ajouter aux 250 kilomètres de voies déjà réservées aux vélos à Buenos Aires. Leur construction a démarré en 2009, sous l’administration de Mauricio Macri, ancien maire de la capitale et ex-président argentin. « Mais c’est surtout sous la gestion d’Horacio Rodriguez Larreta [issu de la même coalition de centre droit, élu en 2015 puis réélu dès le premier tour fin 2019] que leur développement s’est accéléré », précise Fernando Straface. Le secrétaire général et aux relations internationales de Buenos Aires se félicite du prix obtenu par la capitale argentine pour son action en faveur du vélo aux Wellbeing Cities Awards : « C’est pour nous la confirmation que Buenos Aires est sur la bonne voie dans sa volonté de développer une ville globale, connectée et plus verte. »

En dix ans, la part de trajets quotidiens réalisés en vélo dans la ville est passée de 0,4 % à 4 %. « Buenos Aires est une ville idéale pour le cyclisme : elle a peu de relief et un climat tempéré », souligne Mme Fernandez. Alors que l’utilisation des transports en commun est réservée, depuis le début du confinement obligatoire, le 20 mars, aux travailleurs des secteurs dits « essentiels », les trajets quotidiens en vélo ont augmenté de 30 % en moyenne, et les ventes de vélos d’au moins 50 %.

Quel avenir pour le système public de location de vélos ?

« La pandémie nous a certainement poussés à avancer plus rapidement vers des changements que nous avions envisagés mais que nous ne pensions pas mettre en œuvre tout de suite », indique Juan José Mendez, secrétaire aux transports de la ville, qui précise que la construction de nouvelles pistes cyclables est à l’étude sur d’autres grandes avenues.

Il vous reste 60.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: