Bruxelles approuve, sous conditions, le rachat de Bombardier Transport par Alstom


Le constructeur a bouclé son exercice 2019-2020 (clos fin mars) avec un chiffre d’affaires en légère progression, à 8,2 milliards d’euros.

La Commission européenne a annoncé, vendredi 31 juillet, l’approbation, sous conditions, du rachat de la branche transports du canadien Bombardier, qui donnera naissance à un géant du rail, un an et demi après le mariage avorté du groupe français avec Siemens. Le nouvel ensemble emploie (avant les cessions concédées pour satisfaire Bruxelles) environ 76 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros. Il a pour objectif de concurrencer le chinois CRRC, numéro un mondial du secteur.

« Grâce à l’ensemble complet de mesures correctives proposé pour résoudre les problèmes de concurrence dans les secteurs des trains à très grande vitesse, des trains de grande ligne et de la signalisation grandes lignes, l’opération a pu être examinée et autorisée rapidement par la Commission », s’est félicitée la vice-présidente de l’exécutif européen, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.

Le patron d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, avait assuré dans la matinée attendre « avec confiance » la décision de la Commission. « Le dialogue avec Bruxelles a été extrêmement fluide, extrêmement rapide puisque nous avons annoncé la transaction avec Bombardier au mois de février, donc cinq mois après nous avons la décision », avait-il souligné.

Cession d’un site de production en Alsace

Afin de laisser de la place à ses rivaux, Alstom a proposé plusieurs engagements à la Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, notamment la cession de son site de production de Reichshoffen, situé en Alsace, qui emploie 780 salariés. Si elle avait craint un impact néfaste du projet pour la concurrence, la Commission aurait pu lancer une enquête plus approfondie, qui aurait duré environ quatre mois, avant de se prononcer définitivement.

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Alstom avait notifié mi-juin à Bruxelles le projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour six milliards d’euros, une opération qui doit être finalisée au premier semestre 2021. Les deux groupes disposent d’un quasi-monopole sur le matériel roulant en France, où ils collaborent régulièrement comme sur le métro et le RER de Paris.

La menace de la concurrence chinoise avait déjà été évoquée pour justifier la reprise d’Alstom par Siemens, une opération qui avait été bloquée en février 2019 par la Commission. Bruxelles craignait une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Sept milliards d’euros de chiffres d’affaires

L’UE ne doit pas aider à la constitution de champions industriels « biberonnés et chouchoutés » mais laisser la concurrence stimuler leur création, avait répondu Mme Vestager à ceux qui avaient contesté sa décision, notamment en France. Les chevauchements d’activité d’Alstom avec Bombardier étaient, de fait, beaucoup moins grands qu’avec le groupe allemand, ce qui a facilité l’approbation de l’opération.

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Basé à Berlin, Bombardier Transport a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 8,3 milliards de dollars américains (7 milliards d’euros), terminant l’année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars (30,1 milliards d’euros). Cette branche de Bombardier, détenue à 32,5 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), dispose notamment à Crespin (Nord) de la plus grosse usine ferroviaire de France, avec 2 000 employés.

De son côté, Alstom exploite de nombreux sites plus petits. Le constructeur a bouclé son exercice 2019-2020 (clos fin mars) avec un chiffre d’affaires en légère progression, à 8,2 milliards d’euros. Son carnet de commandes culmine à 40,9 milliards d’euros. La crise du Covid-19 devrait avoir un impact sur l’exercice en cours, mais le groupe estime disposer d’une trésorerie suffisante pour y faire face.

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Le Monde avec AFP



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