Brigitte Bourguignon, ministre en tandem pour plus d’autonomie


Table ronde avec la ministre déléguée chargée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, et des représentants d'associations d'aide à domicile, à Lumbres (Pas-de-Calais), le 18 juillet.

Le cap Gris-Nez battu par les flots. Brigitte Bourguignon a accroché cette seule photo de la falaise de la côte d’Opale dans son nouveau bureau au ministère de la santé, situé au même étage que celui d’Olivier Véran. Députée LRM de la 6e circonscription du Pas-de-Calais, la ministre déléguée chargée de l’autonomie a pris ses marques discrètement début juillet dans le gouvernement de Jean Castex. Avec la ferme intention de porter « la grande réforme sociale du quinquennat », celle qui prendra en charge la perte d’autonomie liée au grand âge, promise par Emmanuel Macron en juin 2018 et sans cesse repoussée.

Un projet « immense », selon M. Véran. Au point que le ministre des solidarités et de la santé n’aurait pas refusé de garder la haute main sur un sujet qui lui tient à cœur. « On va le porter tous les deux », glisse-t-elle avec malice. Ministre déléguée placée sous sa tutelle, elle sait qu’elle va devoir jouer des coudes. Elle opte d’emblée pour la stratégie de la complémentarité. « On ne m’a pas faite venir pour m’asseoir sur une branche ! », sourit celle qui vient de quitter la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale qu’elle présidait depuis juin 2017.

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La création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale consacrée à l’autonomie, une initiative de M. Véran, votée le 23 juillet, est « historique », dit-elle. Mais la politique de l’autonomie n’est pas qu’une question financière. C’est d’abord « un sujet social », registre sur lequel elle se sait nettement plus à l’aise.

Etre ministre de l’autonomie, c’est par exemple faire en sorte que « des résidents en maison de retraite ne soient plus obligés d’attendre une heure avant d’être mis sur les toilettes. C’est se battre pour que la société permette à chacun de s’appartenir jusqu’au bout de sa vie ». D’un mot, théorise-t-elle, « c’est avoir le souci de la dignité de chacun ».

Revalorisation des métiers du grand âge

La kyrielle de rapports au gouvernement et de travaux parlementaires sur le grand âge, ces dernières années, alertent tous sur la « maltraitance institutionnelle » induite par le nombre de soignants insuffisant dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). M. Véran a promis « 1 milliard d’euros supplémentaire » dans le prochain projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS), consacré à la nouvelle branche autonomie. Une part sera consacrée à augmenter le personnel des Ehpad, s’est-il engagé. « Les taux d’encadrement doivent être revus très largement à la hausse », martèle Mme Bourguignon.

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