Bercy face à l’aile sanitaire du gouvernement


Le premier ministre, Jean Castex, visite des commerçants à Crozon (Finistère), le 20 novembre.

A une libraire de Crozon, il a affirmé que la réouverture des petits commerces était « en bonne voie ». A une boulangère voisine, il a répété que « l’Etat était à leurs côtés ». Mais ce vendredi 20 novembre, devant des cameras venues l’accompagner dans le Finistère, le premier ministre, Jean Castex, semblait surtout tenter de reprendre la main sur une bataille que son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait déjà gagnée.

Dès la veille, Bercy avait obtenu des géants de la distribution et surtout du mastodonte américain du commerce numérique, Amazon, le report d’une semaine de la fête promotionnelle du « Black Friday » prévue fin novembre. L’effort est conditionné à la réouverture des commerces – maladroitement qualifiés par le gouvernement de « non essentiels » –, dès le week-end du 28 novembre, soit quelques jours avant la date butoir initialement fixée par Matignon au 1er décembre. Cette concession, ajoutée à la mise en place d’un protocole sanitaire renforcé, permet d’éviter une reprise des contaminations de Covid-19 lors des levés de rideaux.

« On ne pouvait pas imaginer une réouverture en pleine frénésie promotionnelle ! », souligne-t-on à Bercy. La manœuvre permet ainsi de donner au gouvernement des arguments afin d’autoriser la réouverture de ces commerces, sans donner le sentiment de se dédire sur les questions sanitaires. Si le pic des contaminations de Covid-19 semble passé, l’évolution de la pandémie ne permet pas, encore, d’autoriser un relâchement massif du confinement imposé depuis le 30 octobre.

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Le président de la République s’exprimera mardi 24 novembre, à 20 heures afin de confirmer, ou pas, ce geste octroyé au petit commerce ainsi que d’éventuelles mesures d’assouplissement. Mais un parfum de victoire règne déjà à Bercy. « C’est un beau coup politique de Bruno Le Maire », observe une source proche d’Emmanuel Macron. « Ce sera difficile désormais pour l’exécutif de ne pas rouvrir les commerces dès le 28 novembre », poursuit cette source.

Le Maire, « il a bien mené sa barque »

Asphyxiés par le second confinement, criant à l’injustice et redoutant les faillites, fleuristes, bijouteries, magasins de jouets, avaient interpellé le ministre de l’économie pour rouvrir au plus vite afin de ne pas ruiner les ventes à l’approche de Noël. Si Jean Castex avait évoqué la date du 1er décembre pour décider de leur sort, ils espéraient une faveur pour profiter du dernier week-end de novembre, l’un des plus grands moments de vente de l’année. Mais, jusqu’ici, en vain.

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