Benjamin de Rothschild, héritier non conventionnel d’une dynastie de banquiers, est mort


Le baron Benjamin de Rothschild (photo non datée).

Pour rencontrer le baron Benjamin de Rothschild, il était inutile d’écumer les cocktails et les soirées mondaines. Mieux valait visiter sa ferme de Seine-et-Marne et partager impromptu des grillades de sanglier avec lui et son garde-chasse devant la cheminée. Ou le rencontrer parmi les siens dans sa demeure de Pregny, sur les bords du lac de Genève, en Suisse, où son épouse et lui recevaient chaque début juillet les collaborateurs de la banque familiale. C’est là qu’est décédé, vendredi 15 janvier, d’une crise cardiaque, à l’âge de 57 ans, cet homme déconcertant et attachant. Unique en son genre.

Le fils d’Edmond et Nadine de Rothschild avait pris, au décès de son père, en 1997, les rênes du groupe que ce dernier avait fondé en 1953. Il les avait ensuite confiés graduellement à son épouse Ariane jusqu’à ce qu’elle prenne le relais complètement en 2015. Benjamin de Rothschild restait président de la holding détenant le groupe bancaire Edmond de Rothschild.

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« Personnalité hors du commun, il n’a eu de cesse de transformer et moderniser son héritage, dans le respect des valeurs de la famille », a rendu hommage samedi le Groupe Edmond de Rothschild. Benjamin de Rothschild présidait également The Edmond de Rothschild Foundations, dans lesquelles sont regroupées les activités philanthropiques de la famille. Sur Twitter, l’ambassade d’Israël en France a présenté samedi ses condoléances à la famille « philanthrope et mécène pour de nombreuses œuvres en Israël ».

22e fortune française

Représentant de la septième génération depuis le fondateur de la dynastie, Mayer Amschel, Benjamin de Rothschild était bien moins influent dans les cercles du pouvoir en France que son « cousin » David, le très respecté fondateur de Rothschild & Co, où Emmanuel Macron fut associé gérant. Mais, à la tête de la 22e fortune française selon Challenges, le baron était réputé le plus riche des Rothschild, ses ascendants ayant transmis sur plusieurs générations leur patrimoine à un unique héritier. Lui-même avait rompu avec cette tradition en ayant quatre filles dont il était très fier.

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Son amour pour la voile, l’automobile et le vin, son côté fantasque auraient vite fait de le classer dans la catégorie des milliardaires dilettantes. Ce serait oublier que le jeune homme bien né avait fait ses preuves dans la finance bien avant de reprendre les affaires familiales. En 1987, il avait créé sa propre banque à Genève, la Compagnie Benjamin de Rothschild, spécialiste des produits de couverture financière.

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