« Avec les vivantes », combats de femmes pour stopper les violences


Capture d’écran du documentaire « Avec les vivantes », de Mélina Huet.

FRANCE 24 – SAMEDI 21 NOVEMBRE À 21 H 15 – DOCUMENTAIRE

Lorsque le sujet est aussi sensible, en l’occurrence les violences faites aux femmes, on pourrait penser qu’un documentaire de trente-cinq minutes serait un peu court pour capter l’attention et dresser un solide état des lieux. Pourtant, en optant pour un point de vue singulier, Mélina Huet accomplit l’exploit. Rappel salutaire : chaque année en France, près de 220 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire. Plus de 150 en meurent.

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Pendant près d’un an, Mélina Huet a donc eu l’idée de suivre quatre femmes aux profils très différents qui, chacune dans son domaine, se battent pour aider les femmes victimes de violences : Isabelle, avocate au barreau de Paris, Fabienne, major de police, Louise, médecin, et Julie, colleuse d’affiches contre les féminicides.

Mieux les prendre en charge

Seule avocate à avoir réussi à faire condamner l’Etat français pour faute lourde dans le cadre d’un féminicide (celui d’Isabelle Thomas, assassinée en 2014), Isabelle Steyer continue la lutte : « Combien de plaintes faut-il pour éviter un assassinat ? Dans l’affaire Isabelle Thomas, il y avait eu cinq plaintes », rappelle-t-elle. Selon l’Inspection générale de la justice, 80 % des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite en France. « Un grand nombre de féminicides sont aussi habillés en accidents domestiques ou tentatives de suicide », souligne l’avocate.

Placardant avec d’autres militantes des affiches explicites (« Honorons nos mortes, protégeons les vivantes », par exemple) sur les murs des villes, Julie tient à montrer aux gens que les féminicides peuvent se dérouler à côté de chez eux. Manifs nocturnes, placardages, les militant(e)s se réapproprient l’espace public.

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Fabienne, major de police, a mis en place il y a déjà dix ans une formation permettant aux policiers stagiaires de mieux prendre en charge les victimes de ces violences. Ces dernières années, dans plusieurs départements, des conventions ont été signées entre police, justice et hôpitaux afin de permettre la prise de plainte immédiate en milieu hospitalier. Plus besoin pour la victime d’aller au commissariat ou de devoir raconter à plusieurs reprises sa douloureuse histoire.

A la Maison des femmes, lieu unique adossé à l’hôpital de Saint-Denis en banlieue parisienne, où des femmes battues ou excisées se font soigner et apprennent, à travers des ateliers, à se reconstruire, Louise, interne en chirurgie à Rennes, a suivi un stage de six mois en chirurgie de reconstruction clitoridienne. Son but : monter un projet similaire au CHU de Rennes.

Avec les vivantes, de Mélina Huet (Fr., 2020, 35 min).



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