Audrey Pulvar, les deux pieds déjà dans la campagne des régionales


Audrey Pulvar à la ferme expérimentale de Grignon (Yvelines), le 2 octobre.

« C’est Audrey à la ferme ! » La plaisanterie est d’elle. L’adjointe de la maire de Paris pose devant un enclos paillé où s’agitent plusieurs portées d’agneaux. Ce vendredi 2 octobre, l’élue « en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts » visite la ferme expérimentale de Grignon (Yvelines). Vêtue d’une doudoune de marque kaki et bottes de voile assorties sur un jean un peu vieilli, la quadragénaire enchaîne les questions sur les races sélectionnées, le méthaniseur en biogaz et le bilan carbone des yaourts.

Elle explique qu’elle veut « transformer l’agriculture de tout le Bassin parisien » : « Mon idée est, qu’avec la commande publique on doit améliorer la provenance et la qualité de la restauration des cantines et des Ehpad. » Circuits courts, juste rémunération des agriculteurs, réduction de l’empreinte carbone… Audrey Pulvar maîtrise le vocabulaire et donne parfaitement le change. L’adjointe veut montrer qu’elle est au travail et continue ses visites hebdomadaires de fermes pour monter un réseau d’approvisionnement bio. Mais sa tête est ailleurs.

Depuis des semaines, l’élue fignole le lancement de sa campagne pour les régionales. L’aspirante candidate a d’abord eu pour ambition de rassembler les socialistes franciliens. Elle a dîné avec les responsables des huit fédérations socialistes et a associé les principaux petits barons locaux. Les proches d’Hidalgo lui ont organisé des tête-à-tête avec les candidats putatifs – Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise, Maxime des Gayets, président du Parti socialiste (PS) au conseil général, Jérome Guedj, ex-président du conseil départemental de l’Essonne – qui l’ont tous adoubée.

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Son premier appel « Ile-de-France en commun », lancé dans une tribune publiée par Libération le 29 septembre – prélude à une « liste de rassemblement » contre Valérie Pécresse, actuelle présidente de droite de la région Ile-de-France –, a rallié tous les ténors et maires qui comptent dans la galaxie socialiste, faisant taire les dissensions. Sans oublier d’afficher quelques personnalités comme la sociologue Dominique Méda, le politologue spécialiste de l’environnement François Gemenne, l’historien Pascal Blanchard, l’actrice Dominique Blanc ou le musicien André Manouchian.

Cassure avec le journalisme

Il faut dire qu’avant sa longue carrière journalistique, cette native de Fort-de-France avait hérité d’un solide bagage politique familial, ancré dans la gauche anticoloniale antillaise. Son grand-père était ouvrier fraiseur à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Son père, syndicaliste, est un des fondateurs du Mouvement indépendantiste martiniquais, aux côtés d’Alfred Marie-Jeanne, ancien président du conseil régional (1998 à 2010). Autour de la table familiale de l’époque, les discussions tournent sans cesse autour des éditos du journal La parole au peuple et des débats qui agitent la gauche caribéenne. On y aime le verbe haut et les mots choisis. « J’ai été biberonnée à la politique », sourit-elle.

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