Au Maroc, peine de mort pour le viol et le meurtre d’un garçon de 11 ans


Dans la vieille ville de Tanger, en août 2018.

La justice marocaine a condamné mercredi 13 janvier un homme de 24 ans à la peine capitale après l’avoir reconnu coupable de viol et de meurtre d’un garçon de 11 ans, une affaire qui avait secoué l’opinion publique marocaine.

« Le tribunal a été convaincu de l’implication du principal accusé dans le crime de meurtre avec préméditation, associé à l’enlèvement, la séquestration et le détournement de mineur », indique l’agence officielle MAP.

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Le corps du jeune Adnane a été retrouvé en septembre, cinq jours après sa disparition dans le quartier populaire de Tanger où il vivait. L’enquête a débouché sur l’arrestation d’un ouvrier qui avait envoyé aux parents un message de demande de rançon pour faire croire à un enlèvement.

L’homme a été accusé d’avoir emmené le garçon dans l’appartement qu’il louait, de l’avoir agressé sexuellement puis tué avant de l’enterrer à proximité. Ses colocataires ont été condamnés mercredi à quatre mois de prison pour « non-dénonciation de crime », précise la MAP.

Renforcer la lutte contre les prédateurs sexuels

La peine capitale est toujours en vigueur dans le royaume, mais n’est plus appliquée depuis 1993. Un total de 74 personnes condamnées à la peine capitale se trouvait en prison fin 2020, selon le Conseil national des droits de l’homme.

Entre 2000 et 2019, 119 condamnés à mort ont bénéficié d’une grâce royale et leurs peines ont été commuées en prison à perpétuité ou en peines à durée déterminée, selon la même source.

Les appels à exécution ressurgissent quand certaines affaires mobilisent l’opinion publique, comme celle du petit Adnane qui avait suscité un débat national sur la question, avec des pétitions demandant « justice ».

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L’affaire avait aussi relancé le débat sur la protection de l’enfance dans un pays régulièrement marqué par des affaires de pédocriminalité. Des ONG dénoncent depuis longtemps des condamnations qu’elles jugent trop clémentes, appelant à renforcer la lutte contre les prédateurs sexuels.

La libération sous caution en juin 2020 d’un homme soupçonné d’avoir violé une fillette de 6 ans avait soulevé de vives protestations et conduit à son retour en détention provisoire. A l’été 2013, la grâce royale un temps accordée par erreur à un pédocriminel espagnol avait déclenché une polémique violente et d’importantes manifestations.

Le Monde avec AFP



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