Arnaud Montebourg multiplie les gestes pour entretenir l’idée du retour


Arnaud Montebourg, à Paris, en  2019.

C’est une nouvelle carte postale envoyée de la part d’un retraité de la politique. Arnaud Montebourg publie, le 4 novembre, L’Engagement, aux éditions Grasset (416 pages, 22 euros). L’ancien ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique doit y livrer un bilan de son expérience au pouvoir, alors qu’il n’a encore jamais raconté son éviction douloureuse du gouvernement de Manuel Valls, en août 2014. Un livre à la première personne – « un récit intime et sentimental », vante la maison d’édition – qui apporte un témoignage de l’intérieur sur l’effondrement du quinquennat Hollande. Cet ouvrage est très attendu par ses proches, qui veulent y voir un signe : leur mentor est toujours présent en politique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Arnaud Montebourg, ou le fantasme du grand retour

Il n’y a pourtant guère de doute. En ces temps troublés par la pandémie, la crise économique et les attentats terroristes, le héraut de la démondialisation veut peser. Par petites touches, les gestes se sont multipliés depuis un mois. Début octobre, il participait à la polémique autour de la fusion Suez-Veolia en dénonçant, dans un courrier adressé au premier ministre Jean Castex et rendu public par Libération, une « distribution oligarchique d’avantages dans un cercle restreint d’amis privilégiés du pouvoir ». Il donnait ensuite une longue interview à LCI sur sa vision de la politique industrielle et sur le plan de relance du gouvernement, et une autre à LCP, où il vilipendait encore la « vente truquée » de Suez à Veolia.

Entre-temps, il avait rencontré l’intersyndicale de Suez. Le 13 octobre, il intervenait au « Printemps de l’économie » pour débattre sur le protectionnisme, prônant la « reconquête » de la souveraineté. On l’a ensuite aperçu aux côtés de la sénatrice socialiste de l’Oise Laurence Rossignol, dimanche 18 octobre, lors du rassemblement place de la République, à Paris, en hommage à Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre.

« Ils sont nuls »

Après le confinement du printemps, on l’avait déjà vu réapparaître sur les plateaux et dans les médias, développant ses thèmes favoris : relocalisation, sobriété carbone, protection industrielle et regain de souveraineté. Le défenseur du « made in France » voyait avec délectation ses thèses protectionnistes connaître une deuxième jeunesse à la faveur de la crise économique. Il en avait profité pour tacler sévèrement la gestion sanitaire de l’équipe d’Emmanuel Macron. « Ils sont nuls », avait-il lancé lors d’un déplacement en Normandie pour promouvoir ses glaces La Mémère.

Il vous reste 59.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: