après les annonces d’Emmanuel Macron, les prescriptions de Jean Castex


Le premier ministre, Jean Castex, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, le 15 octobre.

« Ce n’est pas l’Etat qui frappe, c’est le virus. » C’est dans cet esprit que Jean Castex et son gouvernement ont tenté, jeudi 15 octobre, d’installer dans la vie quotidienne de près d’un tiers de la population le couvre-feu annoncé la veille par le chef de l’Etat, assorti d’un cortège de restrictions pour tous. Le discours du premier ministre relevait parfois de l’ordre du plaidoyer face à une population dont l’exécutif redoute la défiance ; il a, surtout, introduit un sévère tour de vis dans les vies privées, allant jusqu’au retour de l’emblématique autorisation de sortie, devenue pour de nombreux Français symbole du confinement et de ses dérives bureaucratiques.

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Le chef de l’Etat avait donné la tonalité mercredi : réduire « nos contacts un peu inutiles (…) les plus festifs » et continuer « à avoir une vie sociale au travail, où l’on sait bien protéger ». Il ne restait plus au gouvernement qu’à préciser l’utile et l’inutile, la règle et ses exceptions. Résultat : « A 21 heures, chacun devra être chez soi » en Ile-de-France et dans les métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble. Certes, des exceptions sont prévues : pour raisons de santé, pour aller au travail ou en rentrer, pour prendre un train ou un avion arrivant ou partant après 21 heures (le billet faisant foi), pour se rendre chez un proche dépendant et, enfin, pour promener son chien ou autre « animal de compagnie ».

Etat d’urgence sur l’ensemble du territoire

C’est au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qu’a incombé l’annonce du retour de l’attestation de déplacement, disponible prochainement sur le site de son ministère et valable une heure pour les sorties non professionnelles. « Bien sûr, on pourra toujours continuer à écrire sur un papier libre », a précisé M. Darmanin. Outre la police municipale, quelque 12 000 policiers et gendarmes veilleront chaque nuit au couvre-feu, son non-respect étant passible de 135 euros d’amende, voire, en cas de trois infractions consécutives, de six mois de prison et 3 750 euros d’amende. Une poignée d’établissements pourront rester ouverts : ceux de santé, de police, d’accueil des plus précaires, mais aussi les hôtels et les restaurants faisant de la livraison à domicile.

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Au-delà des neuf zones critiques (ce groupe pourra être élargi selon l’évolution de l’épidémie), l’ensemble du territoire national entre ce samedi en état d’urgence sanitaire, statut qui s’accompagne de nouvelles restrictions. Fini, les fêtes privées, comme les mariages, se tenant dans des établissements recevant du public, quoique les cérémonies civiles et religieuses restent possibles, masquées et distanciées. Dans tous les restaurants, le protocole sanitaire en vigueur jusqu’alors dans les seules zones d’alerte (gel, distance d’un mètre, enregistrement du nom des clients et limite de six convives) prévaudra désormais.

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