Alain Fischer, le nouveau « M. Vaccin » du gouvernement


L’immunologiste Alain Fischer, nommé à la tête du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale française, le 3 décembre à Paris.

Médecin et chercheur, Alain Fischer a été nommé par Jean Castex pour présider le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale française. Il faisait déjà partie du comité scientifique sur les vaccins anti-Covid mis en place au printemps par l’exécutif. Agé de 71 ans, l’immunologiste (hôpital Necker, Institut Imagine des maladies génétiques), ex-titulaire de la chaire de médecine expérimentale au Collège de France, est très familier des technologies employées dans certains des vaccins développés en urgence pour faire face au Covid-19.

Il connaît d’expérience les risques liés aux innovations en santé : il a été un pionnier des thérapies géniques destinées aux « bébés-bulles » souffrant de déficits immunitaires sévères (DICS-X). Ces thérapies avaient dû être interrompues en urgence durant les années 2000 après l’apparition de leucémies chez cinq des vingt petits patients traités. L’un d’eux en était décédé, mais dix-huit ont pu grandir « en menant une vie normale », précisait-il dans un entretien au Monde en 2014.

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Alain Fischer s’était aussi plus récemment investi dans les questions vaccinales. En 2016, il avait été chargé par la ministre de la santé d’alors, Marisol Touraine, de conduire une concertation citoyenne sur la vaccination, dont les recommandations ont été reprises par sa successeure Agnès Buzyn, faisant passer de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires chez l’enfant. Des différences entre les recommandations finales et certaines de celles formulées par un jury citoyen avaient fait débat, tout comme l’existence de liens d’intérêt entre des membres du comité d’orientation et l’industrie pharmaceutique.

« Ingrédients décisifs »

Concernant le Covid, Alain Fischer, qui est un fervent défenseur de la vaccination comme outil de santé publique, esquissait il y a quelques jours des recommandations concernant la stratégie vaccinale dans une tribune cosignée dans Le Monde. Le texte définissait « quatre ingrédients décisifs » : transparence complète dans la diffusion de l’information ; crédibilité de celle-ci ; présence de relais de proximité ; capacité à inscrire cette information « dans un récit collectif associant esprit de solidarité et citoyenneté ». « Sur ces différentes dimensions, tout reste à organiser », diagnostiquait-il.

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L’annonce de la nomination de ce scientifique, déjà présenté comme le nouveau « M. Vaccin » du gouvernement, a été l’occasion de préciser le rôle d’un autre homme pressenti pour prendre cette place. En l’occurrence, Louis-Charles Viossat, dont le CV a pu provoquer des interrogations, en raison de son passage dans deux laboratoires pharmaceutiques.

L’inspecteur général des affaires sociales, nommé à la mi-octobre par l’Elysée et Matignon sur la stratégie de vaccination, est chargé d’animer une équipe interministérielle sur laquelle s’appuie le ministre de la santé, Olivier Véran. Celle-ci « n’a pas de rôle décisionnel, ni dans les commandes, encore moins dans les achats de vaccins », ni de rôle « scientifique », a tenu à souligner Olivier Véran, mais seulement un rôle « logistique ».



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