Aides à domicile, les oubliées du Ségur de la santé


Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) n’affiche aucun crédit pour une profession en pénurie chronique de personnels, du fait de salaires très souvent inférieurs au smic.

Elles sont les oubliées du Ségur de la santé. Les aides à domicile qui ont, pour la plupart, continué de prendre soin des personnes âgées chez elles, pendant la première vague du Covid-19, ne percevront pas la hausse de salaire de 183 euros pour les personnels des hôpitaux et des maisons de retraite publiques et privées non lucratives, au terme de l’accord signé par Olivier Véran avec les syndicats, en juillet. Pas plus qu’elles ne bénéficient de la prime Covid de l’Etat, qui se contente de promettre d’accompagner les départements qui voudront bien mettre la main à la poche pour la leur verser.

Deux fois laissées pour compte mais pas trois… La ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a obtenu de Jean Castex de pouvoir déposer un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), débattu à partir de mardi 20 octobre à l’Assemblée nationale. Il prévoit que la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) versera chaque année « une aide » de 200 millions d’euros aux départements qui financent les professionnels de l’aide à domicile. Le dispositif entrera en vigueur en avril 2021. Le montant sera cette année de 150 millions d’euros et de 200 millions d’euros les années suivantes.

« Les accords du Ségur ont été conclus dans l’urgence, mais on n’a pas anticipé les effets pervers sur les autres métiers du grand âge », reconnaît une source gouvernementale

Les professionnels du secteur alertent depuis plusieurs semaines l’exécutif et les parlementaires de la « fuite » de leurs salariées, attirées par de meilleures rémunérations à l’hôpital et en maison de retraite du fait de la revalorisation salariale du Ségur. « Les accords du Ségur ont été conclus dans l’urgence pour envoyer un signal fort aux soignants hospitaliers et en Ehpad après la crise sanitaire, reconnaît une source gouvernementale. Mais on n’a pas anticipé les effets pervers sur les autres métiers du grand âge. » L’amendement de Mme Bourguignon permet au gouvernement de sauver la face. Paradoxe : alors qu’il prévoit 1,4 milliard d’euros pour la revalorisation des salaires des personnels des maisons de retraite publiques et privées lucratives et commerciales, le PLFSS n’affichait aucun crédit pour une profession en pénurie chronique de personnels, du fait de salaires très souvent inférieurs au smic. « Le maintien à domicile est le modèle que nous devons promouvoir. C’est celui que veulent les Français », exhorte du coup Caroline Janvier, rapporteuse sur les volets autonomie du PLFSS. Pour se racheter, Bercy était prêt à leur consentir une rallonge de 100 euros.

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