Agnès Buzyn face aux députés et à ses contradictions


Agnès Buzyn participe à un débat avant le 2e tour des élections municipales de Paris sur le plateau de France 3 Ile-de-France à Paris, le 17 juin.

Le chemin de croix se poursuit pour Agnès Buzyn. A peine 48 heures après son humiliante défaite au second tour des élections municipales à Paris, l’ancienne ministre de la santé, devait être auditionnée mardi 30 juin par la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise sanitaire.

Une audition sous haute tension qu’elle a méticuleusement préparée entre le premier et le second tour du scrutin, alors qu’une partie des électeurs semble ne pas avoir compris pourquoi la ministre de la santé avait quitté le navire en pleine tourmente sanitaire, qui a fait plus de 30 000 morts depuis.

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En mars, quelques jours avant le premier tour des municipales, son visage souriant était barré du graffiti « lâcheuse » sur certaines affiches électorales du centre de Paris. « Elle doit boire le calice jusqu’à la lie », soupire l’un de ses proches, qui rappelle que la candidate, « tristement » arrivée en troisième position dimanche soir, derrière la maire sortante (PS) Anne Hidalgo et la candidate des Républicains Rachida Dati, n’a même pas été élue conseillère de Paris.

A l’Assemblée nationale, Agnès Buzyn est notamment attendue sur la question des masques, devenus l’emblème de l’impréparation de la France à la pandémie.

Nommée ministre de la santé en mai 2017, l’hématologue était en poste lorsque le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, avait ordonné à l’automne 2018 la destruction de plus de 600 millions de masques chirurgicaux du stock stratégique. Suite à cette décision, seule une commande de 100 millions avait été passée en 2019 – avec une livraison échelonnée jusqu’en 2020 – bien loin de ce qui aurait été nécessaire pour reconstituer le stock d’un milliard recommandé par les experts pour faire face à une pandémie.

Stock stratégique de masques à l’étiage

L’audition des différents protagonistes de la DGS comme de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France (SpF), a laissé de nombreuses zones d’ombre.

Qui a décidé de redimensionner ce stock ? A-t-il été réduit pour des raisons budgétaires ou pour répondre à une nouvelle stratégie ? Les masques étaient-ils destinés à la population ou aux soignants ? Les hôpitaux auraient-ils dû constituer leurs propres stocks ? Lors de son audition, le 17 juin, François Bourdillon qui a dirigé SpF de mai 2016 à juin 2019 soulignait le « flou » entourant toutes ces questions. « La doctrine n’est pas claire du tout », a-t-il estimé, notant que sa définition était « du ressort du ministère de la santé ».

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