A Paris, les squatteurs du Petit Cambodge évacués


Les gérants du Petit Cambodge louent depuis 2015 ce local du 10e arrondissement de Paris, dans lequel ils souhaitent ouvrir une annexe.

Opération de police

Les forces de l’ordre ont procédé, mercredi 13 janvier, à l’évacuation d’un local du Petit Cambodge occupé illégalement par des militants anti-gentrification. Cette intervention fait suite à une décision de justice rendue le 4 janvier par le tribunal de Paris qui avait ordonné que les occupants quittent les lieux dans les quarante-huit heures. Loué par les gérants du Petit Cambodge, ce local situé au croisement de l’avenue Claude-Vellefaux et de la rue Jean-et-Marie-Moinon, dans le 10e arrondissement parisien, était squatté depuis le 14 novembre 2020. Les restaurateurs (qui disposent de deux autres établissements dans le quartier, rue Alibert et rue Beaurepaire) avaient déposé une plainte trois jours plus tard pour « violation de domicile » et une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris dans la foulée.

Collectif anti-bailleur

Durant huit semaines, ce local été occupé par un groupe nommé « les révolté.e.s de la place Sainte-Marthe », dénonçant la gentrification du quartier et défendant « une écologie radicale à Paris », selon un communiqué. Une manifestation dans la lignée du camp installé sur la place Sainte-Marthe, fin septembre, à l’initiative de Youth For Climate et de Désobéissance écolo Paris. Ces associations, supposées proches de la mouvance anarchiste, occupaient elles aussi le squat, tout comme des collectifs féministes et antiracistes. Au-delà du local du Petit Cambodge, c’est la transformation de l’ensemble du quartier, ancienne cité ouvrière, qui suscite le débat. En janvier 2020, artisans et artistes du coin ont manifesté à la suite de l’arrivée d’un nouveau bailleur, la société d’investissement Edmond Coignet, qui faisait craindre une hausse des loyers.

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Horreur du vide

Le local du Petit Cambodge, lui, appartient à la Siemp, bailleur social de la ville de Paris. Loué depuis décembre 2015 pour près de 5 000 euros par mois, il est pourtant toujours vide. De quoi provoquer la colère des associations. Simon Octobre, dirigeant du Petit Cambodge, explique que son projet d’annexe a pris du retard en raison d’une remise en route difficile, en 2016, après les attentats du 13 novembre 2015, et qu’il fut retoqué une première fois avant d’être validé en 2018. L’enseigne espérait ouvrir sa troisième adresse début 2020, mais l’épidémie de Covid-19 a occasionné un nouveau report. Après 1 million d’euros d’investissement, Simon Octobre n’a donc pas encore pu présenter son « projet novateur et social » au grand public. Il estime qu’il lui reste encore deux mois de travaux si « un nouveau confinement très strict ne complique pas encore les choses ».

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