à Marseille, dernier week-end avant l’extinction des feux


LEs bars à Marseille avant la fermeture, Le Champ de Mars entre le cours Julien et La Plaine OLIVIER MONGE / MYOP POUR « LE MONDE »

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Publié aujourd’hui à 03h09

A Marseille, ce week-end, le mistral chassait les nuages, mais pas les idées noires. En tout cas, pas celles des restaurateurs et des cafetiers, contraints de fermer leurs établissements à partir du 27 septembre, par décision préfectorale. L’arrêté a été signé dimanche après-midi, quelques heures avant l’entrée en vigueur de la mesure, mais la profession savait depuis deux jours que l’extinction des feux aurait lieu ce soir-là à minuit et non vendredi, comme prévu initialement.

Après la fronde des élus, puis des heures de négociation, le préfet a finalement rendu son verdict : à Aix-en-Provence et Marseille, fermeture totale des établissements pour deux semaines, avec une clause de revoyure à mi-parcours, en fonction des indicateurs épidémiologiques. Dans quinze autres communes, dont Arles, Aubagne, Martigues ou Gardanne, les bars et restaurants devront mettre leurs clients dehors à 22 heures.

Du côté des politiques, le compromis semblait avoir calmé les ardeurs, au moins provisoirement, mais c’était un effet d’optique : dimanche en fin d’après-midi, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier (LR), a annoncé avoir déposé un recours collectif en référé-liberté contre les fermetures, devant le tribunal administratif de Marseille. Ce texte réunit des représentants du monde économique, des restaurateurs et toutes les institutions du territoire (région, département, ville d’Aix-en-Provence et métropole d’Aix-Marseille-Provence), sauf la ville de Marseille.

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Une ville à moitié morte

La procédure reflète l’état d’esprit des professionnels, chez qui l’heure est à l’amertume. D’autant que les deux jours de sursis ne semblent pas avoir apporté les bénéfices espérés. Est-ce le grand vent qui fait friser l’eau du Vieux-Port ? La température soudain frisquette, en dépit du soleil ? Ou bien une forme de découragement, comme un confinement avant l’heure ? Toujours est-il que le jour J, les rideaux de fer sont tombés dans une ville à moitié morte et silencieuse. Terrasses désertes, chaises empilées à perte de vue : on est dimanche, mais cela n’explique pas tout. Car les lieux étaient déjà clairsemés la veille, pourtant soir de match (l’OM jouait à domicile contre Reims).

Au bar Le Champ de Mars à Marseille, le 26 septembre.

Vendredi, au contraire, c’était la ruée, comme pour un dernier verre avant la fin du monde. Pas moyen de trouver une table dans les bars et restaurants du cours Julien, de la place Notre-Dame-du-Mont ou de la Plaine. Mais dès le lendemain, changement de décor : on dirait que le mistral a emporté la moitié des clients. Il y a de la place un peu partout, même devant les écrans des bistrots où l’on voit des joueurs courir au pied des gradins déserts.

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