à Marles-les-Mines, la fusion d’une liste « divers » avec le RN menace les communistes


L'Hotel de Ville de Marles-les-Mines (Pas-de-Calais), le 11 juin.

Ne manquait plus que la pluie. Comme une provocation, des trombes d’eau s’abattent brutalement sur les briques des corons abandonnés de Marles-les-Mines. Ultime cliché dans cette commune du bassin minier du Pas-de-Calais. Ici, la mémoire du charbon frissonne depuis le nom de la ville, jusqu’à l’horizon. Au loin, derrière le clocher, un terril étrangement plat rappelle qu’il y a un demi-siècle, une explosion meurtrière a soufflé une partie de la cité minière à ses pieds. On raconte même que le Germinal de Zola aurait démarré ici, inspiré par l’effondrement du puits numéro 2.

Un autre lieu commun s’est installé bien plus récemment dans le panorama marlaisien : le chômage et la précarité ont favorisé la poussée de l’extrême droite dans le coin et la commune rouge s’est largement teintée de bleu marine.

Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen y a dépassé les 68 %. Aux législatives, Ludovic Pajot est devenu l’un des six députés lepénistes en récoltant 64 % des voix au second tour dans la commune.

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Et le paysage continue de se dégager pour le Rassemblement national (RN). A la faveur d’une triangulaire, les troupes de Marine Le Pen pourraient bien s’installer dans un hôtel de ville tenu par le Parti communiste (PCF) depuis 1971. D’autant que Marcel Coffre, le maire PCF de Marles-les-Mines depuis vingt-huit ans, ne s’est pas représenté, et que la gauche repart divisée au second tour. Coup de grâce pour les partis républicains, la liste estampillée « divers » menée par Irène Lignier (14,4 % au premier tour) vient de fusionner avec celle de l’extrême droite, qui avait déjà conquis la deuxième place le 15 mars, avec 32 % des voix.

« J’ai remplacé Marine Le Pen sur les photos »

En juin 2017, après la victoire du député frontiste Ludovic Pajot, Mme Lignier postait pourtant un message cinglant sur Facebook, criant en lettres majuscules sa « honte » que la dixième circonscription du Pas-de-Calais passe entre les mains du parti d’extrême droite, et affirmant qu’elle « continuerai[t] à combattre le FN de toutes [ses] forces ».

Irène Lignier, candidate (Divers) à l’élection municipale de Marles Les Mines, le 11 juin.

Trois ans plus tard, là voilà en campagne pour faire élire Jérôme Leroy, le candidat du RN avec qui elle vient de faire alliance. Sans y voir un quelconque revirement. « Leurs idées ne sont pas les miennes, mais je fais alliance avec lui, pas avec le RN. Je sais qu’il a un parti, mais je m’en fous ! » D’ailleurs, avance Mme Lignier comme preuve de sa bonne foi, leur accord de second tour prévoit que le visage de Marine Le Pen disparaisse de leur profession de foi. « J’ai remplacé Marine sur les photos », ironise-t-elle. Quant à leur liste, ils l’ont déposée dans la colonne « divers » et non « RN » à la sous-préfecture.

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