A l’Assemblée nationale, la lente érosion d’un bloc La République en marche de plus en plus fracturé


Christophe Castaner, président du groupe des députés La République en marche, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, mardi 2 mars.

« Islamo-gauchisme », loi sur la sécurité globale, état d’urgence… Au sein du groupe La République en marche (LRM), les polémiques passent, non sans instiller le doute parmi les députés. En cette dernière année utile du quinquennat, si les cadres s’occupent déjà de donner corps au bilan d’Emmanuel Macron, des soubresauts agitent la majorité. L’expression de plus en plus intempestive et médiatisée des clivages idéologiques qui l’ont toujours traversée agace et inquiète l’état-major de la Macronie. Elle vient brouiller, si ce n’est remettre en cause, le positionnement politique d’un groupe et d’un mouvement d’abord fondé sur le « pragmatisme » et le « dépassement ».

« Entre des ministres qui se corrigent les uns les autres et qui lancent des débats dont on se serait bien passé – même s’ils révèlent quand même des hésitations sur nos lignes politiques –, et puis nos contributions, dont quelques attaques entre nous, et vis-à-vis du gouvernement, tout ça fait désordre », a lancé Christophe Castaner, président du groupe LRM à l’Assemblée nationale, mardi 2 mars, lors de la réunion de groupe hebdomadaire. Le premier ministre, Jean Castex, était lui aussi présent pour rappeler aux troupes que, malgré « des expressions diverses, sans doute légitimes et naturelles », la « cohésion de la majorité » était « forte » et « plutôt fluide ».

Depuis la salle Colbert du Palais-Bourbon, devant les élus en visioconférence, M. Castaner a voulu, une fois de plus, siffler la fin de la partie dans la majorité, avant l’examen de deux textes sensibles (le projet de loi visant à modifier l’article 1 de la Constitution pour y intégrer la protection de l’environnement par référendum et le projet de loi climat et résilience), issus des travaux de la convention citoyenne pour le climat.

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Depuis son arrivée à la tête du groupe, en septembre 2020, l’ancien ministre de l’intérieur s’emploie à désamorcer les désaccords internes, sans jamais lancer de débat ouvert devant l’ensemble du groupe. Gestion des interviews des députés les plus remuants, évitement des confrontations… Dans la gestion Castaner, « tout est fait de façon à ce que tout soit maîtrisé », résume un député. « A coups de tribunes, de tweets et de lettres ouvertes, on installe au fond un système dans lequel on ne pourra pas se retrouver (…), ne laissons pas penser que notre réalité serait faite de divisions », a insisté mardi le chef de groupe, sans nommer les responsables de cette cacophonie politique.

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