A La Réunion, une pêche préventive aux requins « unique au monde » mais controversée


Un panneau sur une plage de La Réunion avertit de la présence de requins, en janvier 2019.

Depuis la fin du mois de juin, le risque d’attaques de requins est considéré comme « fort à maximal » à La Réunion. En juillet, un squale a été observé sur le « spot » de surf de Saint-Leu, une vague mythique aux eaux bleues changeantes située à l’entrée du port, face à la baie bordée de filaos. L’hiver austral, avec des températures océaniques plus fraîches et une houle soulevant les sédiments, favorise la fréquentation de ces animaux sur le littoral.

Le Centre Sécurité Requin (CSR), qui pilote la stratégie locale de réduction du risque, a déjà lancé plusieurs appels à la prudence aux usagers. Car, malgré l’interdiction en vigueur depuis 2013 de la baignade et des activités nautiques, sauf dans les zones aménagées, entre vingt et trente surfeurs profitent quotidiennement des vagues plus formées durant cette période de l’année. Pour éloigner les squales, la plupart utilisent un équipement de protection individuelle, un boîtier collé à leur planche qui émet des impulsions électriques censées tenir à distance les animaux.

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Selon le CSR, le risque de croiser des requins est d’autant plus élevé qu’en raison de la houle, les pêcheurs de son « programme réunionnais de pêche de prévention » peuvent être empêchés de sortir en mer.

Capturer des requins pour diminuer les risques d’attaque : le sujet est extrêmement clivant dans l’île. D’un côté, il y a ceux qui considèrent que cette pêche doit être intensifiée, y compris dans la réserve naturelle marine qui s’étend sur 3 500 hectares à l’ouest de l’île. De l’autre, ceux pour qui les prises ne diminuent pas les risques, et qui dénoncent un scandale écologique ainsi qu’un danger pour la biodiversité.

Des espèces « quasi menacées »

Graphiques en main, Willy Cail, directeur du CSR, montre que « là où il y a de la pêche, il n’y a pas d’attaque. C’est pourquoi, normalement, nous pêchons en permanence ». La dernière, qui a coûté la vie à un surfeur de 28 ans, Kim Mahbouli, le 9 mai 2019 à Saint-Leu, s’est déroulée après une période d’une dizaine de jours sans pêche en raison de la météo.

Depuis 2011, une trentaine d’attaques de requins, dont onze mortelles, ont été recensées à La Réunion présentée fréquemment dans ce domaine comme le lieu le plus dangereux du monde. Un désastre pour l’économie locale et son tourisme. Un des candidats malheureux aux municipales de Saint-Paul, sur la côte ouest, Jean-François Nativel, fondateur de l’association Océan Prévention Réunion, avait fait de la pêche aux squales et de la protection des activités nautiques un de ses thèmes de campagne.

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