A Aubignan, Baptiste, 8 ans, est devenu Lilie à l’école, avec l’accord de l’éducation nationale


Lilie avec ses parents Chrystelle et Guillaume Vincent, chez eux à Aubignan (Vaucluse), le 6 septembre.

Pour Lilie, 8 ans, la « vraie » rentrée en CE2 à l’école municipale d’Aubignan (Vaucluse) a eu lieu plus tard que pour les autres : c’était le jeudi 10 septembre. Sa maîtresse venait de recevoir le feu vert pour l’appeler par le prénom qu’elle a choisi, et non plus « Baptiste », inscrit sur son état civil. Ce jeudi matin, pendant l’appel et sur l’étiquette collée à son bureau, plus aucune trace de ce prénom que cette petite fille transgenre ne veut plus entendre.

La décision est tombée après plusieurs semaines de discussions entre l’équipe pédagogique et les parents de Lilie, Chrystelle et Guillaume Vincent. Le couple a appris la transidentité de son enfant en février.

Dans le but d’anticiper la rentrée de septembre, une réunion a été organisée fin août entre l’équipe de l’école, une inspectrice d’académie, un médecin et une infirmière. « Ils craignaient que le changement de prénom soit traumatisant pour elle, que ce ne soit pas un vrai choix conscient de sa part, raconte Chrystelle Vincent. Je comprends leur inquiétude, c’est leur rôle d’être précautionneux avec le bien-être des élèves. Après, moi, je n’ai jamais entendu parler d’un enfant qui “joue” le trans. »

« Préserver l’intérêt de l’élève »

La maîtresse était favorable à l’utilisation d’un nouveau prénom et avait même préparé deux listes d’appel et deux étiquettes à prénom en prévision de la rentrée : l’une avec « Baptiste », l’autre avec « Lilie ». Mais l’académie d’Aix-Marseille a demandé du temps pour rendre sa décision. Elle a souhaité faire intervenir un psychologue pour observer Lilie en classe.

Des journées que la petite fille, qui a fait pousser ses boucles blondes et s’est fait percer les oreilles pendant l’été, a trouvées « éprouvantes », assure sa mère. « Un jour, elle est rentrée à la maison en me demandant si on pouvait organiser des manifs dans l’enceinte d’une école, raconte-t-elle. Je lui ai dit que ce n’était pas possible, et puis je lui ai demandé ce qu’elle aurait écrit sur sa pancarte. Elle m’a répondu : Je suis trans, et alors ? »

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« Le plus important, c’était de préserver l’intérêt de l’élève. Il nous a fallu vérifier que c’était bien là sa volonté propre, et pas celle de son entourage, explique Christian Patoz, directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) dans le Vaucluse. Ce qui nous a un peu interrogés, c’était son âge. C’est totalement inédit, une demande aussi jeune, je ne sais pas s’il y a eu des cas en France. »

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